Celui qui parlait au désert: Abdulhamid Abou Zaid, nécrologie du silence

Contrairement à Mokhtar Belmokhtar et Yahya Abou al-Hammam, il n'obtint pas l'insigne honneur d'intégrer la liste noire des cibles - potentielles - des drones américains; omission dont fort peu, d'ailleurs, relevèrent le manque total de cohérence.
Il n'en fut pas moins le premier émir de la branche sahélienne de l'organisation al-Qa'ida aux Pays du Maghreb Islamique à mourir en ce début d'année 2013.
D'aucuns l'ont présenté comme le deus ex machina de l'obédience maghrébine des réseaux Qa'idat al-Um, ce qui est un peu fort sinon beaucoup trop long. D'autres commentateurs, moins inspirés, virent en lui un tueur sanguinaire, doublé d'un contrebandier de la pire espèce ce qui, dans les deux cas, est un peu court.
Abdulhamid Abou Zaid était un taiseux. Dur, il le fut indubitablement. Avec ses hommes d'abord, ces "brigands du désert" (parfois si jeunes) en devenir incités, au plus fort des mornes journées maliennes, à lire le Coran à l'ombre improbable d'un 4x4 Toyota ligné de rouge.
Avec ses otages ensuite, qu'il se garda d'approcher de trop près, déléguant cette tâche à Nouh, fidèle entre les fidèles ou à Abou Faisal alias al-Mutarjim, ombre servile - mais non dénuée de duplicité - du gardien de l'Adrar.
S'il devait n'en rester qu'un, Moezeddin Garsallaoui ou le crépuscule des réseaux Qa'idat al-Um
Tout comme les précédents courriers électroniques échangés1) , celui-ci fut bref. Abou Harith al-Tunsi s'y excusait d'un trop long silence.
Nous n'avions pas communiqué depuis plusieurs mois. Envoyé peu après le drame de Toulouse, notre dernier message se fermait sur une question. A notre interlocuteur, nous demandions s'il était bien, comme le laissaient entendre certains médias hexagonaux, l'un des instructeurs de Mohamed Merah ?
L'hypothèse, nous devons l'avouer, était séduisante: nous ne pouvions pas ne pas la "tester".
Le premier texte revendiquant, de façon crédible, une réelle proximité au personnage de Mohamed Merah alias Abou Yousuf al-Faransi, fut mis en ligne par un groupuscule inconnu hors des cercles spécialisés, la brigade (katibat) Jund al-Khilafah. L'opus était signé d'un certain Abou Qa'qa al-Andalousi, non encore répertorié dans les banques de données des services spécialisés. Un faisceau d'indices, ténu mais non sans substance, renvoyait au contenu du communiqué ou plus précisément au style - particulier - de son auteur. Le portrait de Mohamed Merah était émaillé de tournures de style familières de Moezeddin Garsallaoui. Phrasé, thèmes et structures synthaxiques renvoyaient immanquablement aux autres écrits connus du petit Tunisien de Kairouan. La griffe d'Abou Harith at-Tunsi servait d'apostille à ce texte. Nous en étions convaincus.
Oumar Ould Hamaha: a case study of the bridges between three groups
Enjoy...
Correspondances d'outre-tombe: de Sarajevo à Abbottabad, ou les arcanes de la communication des réseaux Qa'idat al-Um (1)
Leur combat, les mouvances jihadistes l'ont conduit par le mot écrit, la parole dite et l'image au moins autant qu'au fil de l'épée, par le feu et au prix du sang. Nombre de moujahedin ont d'abord (ou aussi) été des bretteurs du verbe avant que de lui préférer le sabre. Moezeddin Garsallaoui alias Abou Moez al-Qayrawani, alias Abou Harith at-Tunsi suivit cette voie. Oussama Ben Laden lui-même demeure une plume dont la fluidité et le style avaient peu à envier à ceux de certains poètes arabes. De Sarajevo à Abbottabad, ou les arcanes de la communication des réseaux al-Qa'ida. En collaboration avec l'émission de la RTS Géopolitis (voir l'émission à laquelle a participé le Centre ici), le Centre va diffuser un tryptique tout entier consacré à ce sujet.
La première partie, qui sera mise en ligne dans l'après midi, est un bref voyage au sein de la communication des réseaux Qa'idat al-Um, de leurs premiers textes aux produits sophistiqués d'aujourd'hui.
Le Centre a déjà publié plusieurs articles sur la question du rôle et de l'impact des médias dans la "sphère" jihadiste, notamment "In my brother's name, a European path to radicalization", qui décrit la radicalisation, notamment au travers de l'internet, d'une jeune musulmane; ou encore "Nabil Amdouni - Ou les correspondances improbables, chapitre un", première esquisse d'un projet plus ambitieux du Centre sur les réseaux de communication confidentiels utilisés depuis maintenant plusieurs années par Qa'idat al-Um et ses réseaux.
Abu Sa'ad al-Urduni or the improbable matches - episode II
They embody the main operational theatres of the Qa'edat al-Um networks. The foothills of Khorasan were - and remain – a safe haven for Moezzedine Garsallaoui where he is still active. Abu Sa'ad al-Urduni is indisputably much younger. As was another adopted son of Biel before him: Abu Sa'ad at-Tunsi. The former languishes in a Kenyan gaol, the chaos of Somalia marking his destiny forever. The latter sleeps his last sleep somewhere in Iraq; Baghdad or not far from there, stuck forever on a canvas whose complexity could not be exaggerated. Contrary to popular belief, accessing the lands of jihad is never easy. None of the individuals mentioned above could have entered without having been identified, assessed and monitored before, during and after his arrival in the area. Integration into the mujahideen ranks in Iraq, Waziristan or Somalia presupposes the existence of multiple, complex systems from start to finish, composed of individuals or groups forming a "travel chain", accepting and executing tasks which, when performed well, results in the safe progress of the mujahid volunteer, or their removal (when volunteers prove unsatisfactory). This was particularly the case for Moezzedine Garsallaoui in many respects. There are similarities in those journeys taken by Abu Sa'ad at-Tunsi and Abu Sa'ad al-Urduni, (deliberate or a coincidence?) starting with their selection of a nom de guerre, their kunya of Abu Sa'ad...
Un nouveau T-BirD
Nous n'étions toutefois pas prêts à rendre les armes et souhaitions poursuivre le T-BirD. Il nous restait à trouver comment. Les projets ébauchés ci et là esquissaient une cadence moins élevée, certaines esquisses postulèrent un lien étroit entre T-BirD et Twitter: les impératifs d'exposition, de mise en abîme et de clarification du premier devaient profiter des recherches approfondies et (ou?) des fulgurances du second ! Au final, notre choix se porta donc sur un produit hybride et bi-hebdomadaire (parutions le mardi et le vendredi). Le T-BirD nouveau n'en reste pas moins thématique. Sisyphe optimiste mais lucide, il rassemble (encore et toujours) des articles dont les contenus suivent un fil rouge thématique unique (présence de combattants étrangers en Syrie, systèmes de communication sécurisés des réseaux de Qa'idat al.Um etc...). Les analyses et les mises en perspective qui le flanqueront auront pour ambition première d'éclairer et d'approfondir les interventions en relation avec le thème choisi et commises sur . Un éventuel sentiment de déjà lu - pour l'un ou l'autre des textes intégrés au T-BirD - ne sera donc aucunement accidentel. Le premier numéro du T-BirD nouveau est accessible ici. Excellente lecture à toutes et tous. |





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Depuis quelques mois, le rythme de parution des T-BirD a fortement baissé. Les diffusions journalières, disponibles sur notre site public ont peu à peu cédé la place à des versions "clients" diversifiées, ciblées et transmises aux seuls intéressés. Que l'on y associe le développement de notre compte twitter (@GCTAT) et ceci explique - partiellement - celà. 





